Histoire d'une rencontre

Publié le par Estelle

Ce soir j'avais envie de raconter ma rencontre avec Jeff.

A l'époque (février 2005), j'habitais chez une "landlady", Rosetta,  (pour landlady, comprendre: une personne vivant seule, pas forcément d'une première jeunesse, propriétaire de sa maison) depuis presque deux ans. J'y étais bien, j'étais chez moi, ce qu'elle m'avait maintes et maintes fois répété (et vous comprendrez l'importance de cette phrase lorsque je vous raconterai ce que l'on trouve ici comme énergumènes dans la catégorie "landlady").
Bref, après donc presque deux ans de collocation avec ladite landlady et parfois la chance de partager la maison avec encore d'autres personnes - Alicia, puis Kim puis Gabriele, je rentre par une froide soirée d'hiver, et voilà Rosetta qui ouvre la porte de la cuisine : "Estelle!! Will you come over for a second!" (Estelle!! Est ce que tu peux venir une seconde).
Je me rappelle ne pas être d'une humeur particulièrement bonne ce soir là, mais je m'exécute, non sans me demander ce qu'elle me voulait, elle qui ne me demandait jamais rien.
J'entre dans la cuisine.

Rosetta : "Estelle, this is John-Paul." (Estelle, voici John-Paul)
Rosetta: "He will be your flatmate." (C'est ton nouveau collocataire)
Estelle : "Hi! I'm Estelle" (Salut, moi c'est Estelle)
Jeff : "Euh..Hello,..euh..I am Jean-François" (Euh..Salut,...euh...moi c'est Jean-François)
Estelle: "Hinnn, t'es français toi, nan?"
Jeff: "Euh, oui!"
Rosetta: "John-Paul has just arrived from France." (John-Paul vient d'arriver de France)
Jeff: "Jean-François..."
Estelle - d'un signe de la tête vers Jeff - pas la peine, elle comprendra pas (en effet, elle n'a jamais réussi à se souvenir des prénoms trop "exotiques" - je ne lui en veux pas, j'ai moi même beaucoup de mal avec les prénoms irlandais)

Puis Rosetta nous a laissés, la présentation étant faite.
C'était ma rencontre avec notre Jeff national.

Je dois avouer avoir été plutôt mécontente d'avoir un collocataire masculin de premier abord.
On a malheureusement parfois des préjugés dont il est difficile de se débarrasser. Et puis après Gabriele, je voulais conserver longtemps l'image de cette collocation, et j'aurai préféré continuer avec une fille.

Avec Gabriele, mon collocataire italien que j'adorais et que j'ai vu partir précipitamment sans pouvoir vraiment lui dire au revoir, je croyais avoir accédé au sommet du bonheur de la collocation.

J'ai vite changé d'avis au sujet de la collocation avec un être du sexe opposé (autre que Gabriele)!
La vie est ainsi faite que l'on rencontre souvent des gens "clefs" au bon moment. Jeff est arrivé juste avant le moment où, sans le savoir, j'allais être au plus mal.
Il m'a aidée, il m'a écoutée, il m'a conseillé, et jamais jugée.

Vous pensez bien qu'au fur et à mesure des mois difficiles qui ont suivi, j'ai appris à connaître l'énergumène avec qui j'habite, qu'on a partagé des moments qui sont, pour moi en tout cas, précieux.
C'est ainsi que je me retrouve à habiter avec lui aujourd'hui, et que je dois dire, qu'après 6 mois de collocation au centre ville, pas un faux pas, pas un accroc, pas un problème.
Alors bien sûr, la collocation n'est jamais simple, il y a des jours où l'on a envie de se retrouver seul et on ne peut pas, il y a des jours où l'autre n'est pas là et on n'a pas envie d'être seul, il y a aussi des jours où on est d'humeur plutôt massacrante et on envoie bouler l'autre qui n'a rien demandé...il y a des jours où on ne se comprend pas et des jours où on fait des choses que l'autre n'aime pas.
Il y a eu quelques rares discussions, jamais rien d'irréparable.

Ceux qui me connaissent savent que je ne suis pas facile à vivre au quotidien.
Non seulement cette collocation me permet de tempérer un peu mon caractère de feu, mais j'ai la chance d'habiter avec quelqu'un qui est un ami. J'apprécie la chance rare que j'ai.

Voilà, c'est tout simple, mais j'avais envie de le dire. Jeff, si tu lis ces lignes, la vie de tous les jours ne le permet parfois pas, mais un jour je te le dirai: merci.

Note - le blog a déménagé ici: http://www.estelle-en-irlande.com/
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Commenter cet article

seb 04/04/2007 21:01

1 mois en colloc avec son ex après 6 mois de vie commune, y a vraiment pas pire collocation alors colloc avec sexe opposé certes mais jamais son ex lol

Mick 27/10/2005 00:39

un énergumène
John-Paul
Jeff national
un être du sexe opposé
un ami
Vu d'ici c'est clair, il y a au moins cinq personnes dans cette histoire.

Je suis heureux d'avoir redécouvert mon frère à travers ta description.

> Hello Mick! :) Et l'Irlande, c'est quand que tu viens la découvrir?

Zin 20/10/2005 17:34

Jef et l'apologie, c'est mal.
L'apologie, c'est le mal du Jef.
L'apologie du mâle, c'est Jef.

miam les mots dans tout les sens
miam les sens dans tout les mots
Youpi c'est la fête.

> sympa ton ptit truc ;)

Gab 18/10/2005 15:03

L'apologie du Jef, c'est mal. (surtout que je sais pas ce que vous avez a mettre 2 "f" à Jef, c'est dingue...)

>J'ai "irlandisé" son prénom, ça le fait plus ici avec 2 f ;) et puis ça lui va mieux. Jef sans le deuxième f, c'est un peu comme Jeff sans sa moustache et son ptit bouc.

Jef ou John-Paul III 17/10/2005 00:01

Là je dois avouer que je suis un peu étonné car elle parle sans cesse d'un mec super bien qui s'appelle Jeff. J'aimerai bien le rencontrer si il est si bien que çà :) En plus, çà serait bien qu'il paye le loyer aussi parce que habiter sans m'en parler dans l'appart c'est pas très fair-play.

>Oh, Sa Sainteté, vous êtes là?! Très honorée par votre visite!